Jack the Ripper.

Jack the Ripper.
La ruelle était sombre. En regardant bien, l'on pouvait apercevoir une silhouette qui entrecoupait la lueur vacillante des malheureux lampadaires. Ces lampadaires, adossés à de vieilles demeures à l'architecture austère, semblaient enserrer la ruelle.

Nous étions à Londres, Buck's Row le 31 août 1888.

Il n'y a jamais personne dans Buck's Row, mais ce soir une silhouette, fine et élancée, marchait d'un pas pressé et assuré dans cette ruelle. Ses bruits de pas, pesants résonnaient lugubrement dans la rue, lourd et régulier, comme la démonstration d'une évidence fatidique et inexorable.

Un bref instant, la silouhette fut assez proche d'un lampadaire pour qu'on puisse apercevoir son visage.
Des mèches blondes tombaient sur son visage, un visage qui n'avait pas vu la lumière du jour depuis longtemps. Sa bouche était comme contractée en un rictus cruel, découvrant des dents pâles comme de l'ivoire. Malgré l'obscurité, on pouvait apercevoir ses yeux. Ils étaient effrayants. Une lueur démentielle illuminait son regard, un regard à la fois si glacial et enflammé, un regard animé d'une folle envie, une envie innommable. Sa pupille était étrangement rétractée et ses yeux verts pâles semblaient illuminés dans l'obscurité.

Tout à coup, il arrêta sa haute silhouette et se plaqua contre la porte d'entrée d'une des nombreuses maisons en ruine de Buck's Row, afin de dissimuler sa présence.

Une femme, aux long cheveux d'or et au visage de ceux qui ont souffert de la vie, marchait tranquillement le long d'une rue avoisinante: elle s'arrêta à l'entrée de Buck's Row et devait se demander s'il était prudent de l'emprunter pour raccourcir son trajet jusqu'à chez elle. Elle se décida, peu rassurée, à passer par Buck's Row. L'erreur est humaine. Tapi dans les ténèbres, cette homme ne l'était pas.

Relevant sa tête, humant l'air chaud de cette soirée d'été, il allait pour la première fois et en toute impunité pouvoir donner la mort à une personne qui la méritait. Réduire une existence à néant et instiller une peur viscérale à une population. C'était peut-être ça qui le motivait.

L'homme sortit doucement de sa cachette, fit un signe de main rassurant à la femme en s'approchant d'elle.

"My ladie ? This is a very beautiful night, no ?" dit-il en ces termes, d'une voix grave et tranquille.

"Ho, y', yes ! Very beautiful ! And you are ... ?" bafouilla la femme d'une voix tremblante. Le peur transpirait littéralement de son être, ses yeux étaient également emplis de cette peur insupportable, et elle se tortillait, ou plutôt se broyait, les mains.

" What I am... It has no importance, for you ... This is a beautiful night, my ladie. This is a beautiful night for die , whore..."

Un cri strident et insoutenable déchira la nuit.



A part quelques oiseaux qui s'envolèrent d'un arbre proche en quête de quiétude, personne n'entendit rien.

De toutes façon, il n'y a jamais personne dans Buck's Row.




# Posté le lundi 07 août 2006 04:59

Modifié le mardi 16 juin 2009 16:29

Virée Nocturne : Prologue

Virée Nocturne : Prologue
Jack The Ripper était une courte nouvelle, sans début ni fin, mais ce qui va suivre est le début d'une série qui a une atmosphère un peu similaire. J'essaye de me documenter pour écrire sur une base réelle, si vous constatez une quelconque erreur au niveau chronologique, géographique ou autres, signalé la moi.

Enfin, je vais vous laisser le découvrir par vous-même. Messieurs, Dames, voici la série " Virée Nocturne".






Samedi 22 mai 1934, Londres:



L'air du crépuscule était chaud et humide. Je sentais une légère brise qui soulevait mes cheveux. Le soleil venait de se coucher, le chant des oiseaux se taisait progressivement. Encore à l'entrée de ma crypte, je refermais sans bruit la lourde grille en bronze qui protégeait ma demeure des visiteurs inopportuns.

Dans le cimetière, un silence régnait seulement brisé par l'écho lointain des gens et de ces véhicules mus par des chevaux invisibles, véhicules que l'on appelait automobiles. On était un samedi, jour de sortie pour ces pauvres gens qui travaillaient comme des bêtes toute la semaine.

Ils étaient si nombreux à se balader dans les innombrables rues de Londres, tant de gens, tant de personnes qui trainaient dans des rues trop peu éclairées, tant de sang à ingurgiter pour satisfaire mon appétit sans fin.
Je commençais à marcher au milieu des milliers de tombes de marbre qui composaient ce cimetière de taille respectable.
Un simple mortel ne pouvait marcher à cette heure là : bien que l'on soit en début de soirée, la nuit était tombée comme un linceul noir.
Un éternel recommencement... Boire sa subsistance, vagabonder, retourner à la crypte, dormir, boire sa subsistance, se lamenter sur sa condition puis tout recommençait...

Ma peur de la mort m'avait conduit à m'intéresser au vampirisme et je ne sais toujours pas si après un siècle d'existence, j'ai pris la bonne décision. J'ai si peur de la mort : le néant, la fin, tout disparait, souvenirs, sensations, émotions, nous voilà réduit à l'état de poussière. Mais je me demande si cela n'est pas mieux que l'existence que je mène depuis tant d'années. J'arrive à garder mon équilibre mental en me repaissant de la vie d'autrui. Au début cela m'éc½urait, mais j'ai compris que cela était nécessaire à ma survie. Au fil du temps, j'ai appris à me délecter de ce moment qui me dégoutait autrefois. Ce moment où j'aspire le sang de ma victime. En aspirant son sang, j'aspire à la fois sa vie et ses souvenirs.
Grâce à ça je me rends compte que la plupart des nombreuses personnes que j'ai tué pour me nourrir avaient une vie insignifiante et c'est souvent sans regret et même avec le sentiment de leurs rendre service que je les vidais de leur sang.

Me voilà à l'entrée du cimetière. L'atmosphère était plus chaude ici. On sentait une sorte d'effervescence, dûe au fait que l'on était le samedi soir. Qui dit samedi soir, dit plus de sang pour moi. Bien qu'étant vampire, j'avais aussi des m½urs de mon ancienne condition et je n'étais pas indifférent aux charmes féminins. Mais je ne pouvais aujourd'hui avoir de compagne, mon existence me l'interdisait. Si je voulais survivre je devais garder secret ma condition et toutes les demoiselles que j'avais approché devaient donc mourir. Une question vous viendra probablement à l'esprit: pourquoi ne pas vampiriser une femme? Tout simplement car je ne voudrais pas forcer une personne à échapper au cycle immuable de la vie en lui permettant de vivre, ou plutôt survivre à travers les siècles.

# Posté le lundi 15 juin 2009 11:40

Modifié le mardi 16 juin 2009 16:30

Virée Nocturne : Chapitre 1

Virée Nocturne : Chapitre 1


Je sortis enfin du cimetière et commençai à marcher vers une artère peuplée. Une salle de cinéma affichait complet, des publicités pour des produits plus ou moins luxueux, des cabarets, voilà ce qui composait ce grand boulevard. Les seuls gens qui marchaient ici étaient les bourgeois et les aristocrates. Ils étaient tous en groupe ou en couple. Une fois de plus, je contrastais avec le monde.
Seul au milieu d'une marrée incontrôlable. Il fallait que je trouve un endroit plus tranquille pour trouver une proie, un rocher pour surplomber cette marrée.
Mes proies, le plus souvent, sont des personnes faibles physiquement et mentalement. Les jeunes freluquets dépressifs sont en général une proie idéale. Mais certains soirs, l'envie me prend de tester mon pouvoir de séduction ou bien ma force physique.

En cogitant tout cela, des sons nouveaux formant une mélodie originale me parvinrent aux oreilles. Elle provenait d'un établissement situé de l'autre côté du boulevard, le Temple Bar.
Je traversai la route, et j'entrai dans ce bar réputé en faisant un sourire au portier comme tout bon citoyen anglais.

A peine rentré, je me rappelai de la grandeur du bar. Ce n'était pas un bar à proprement parlé. J'étais dans un véritable hall d'entré. Une moquette vert foncée neuve couvrait le sol comme une gigantesque nappe et chaque recoin brillait d'un reflet doré.
Je commençais à m'habituer à l'odeur des lieux, qui était un curieux mélange de fumées de cigares et de parfums de femmes. Ces volutes sortaient tout droit de l'entrée de la salle principale.
D'après ma mémoire défaillante, le Temple Bar était formé de trois parties. Un escalier montait vers une terrasse qui avait été aménagée sur le toit même du bâtiment. Un autre descendait dans les profondeurs de celui-ci qui était le repaire des joueurs de billard les plus réputés de Londres et même aussi à certaines heures, de jeux d'argents plus ou moins légaux. Enfin la dernière et la plus grande salle était un vaste bar, où la petite bourgeoisie londonienne se retrouvait. Certains accoudés nonchalamment au bar, d'autres fixant avec avidité les jambes des danseuses et d'autres discutant discrètement autour d'une table des dernières nouvelles du jour.
C'est précisément d'ici que venait la mélodie. Sur la petite scène d'une dizaine de mètres, des musiciens noirs jouaient, avec divers instruments, une musique d'ambiance pour le moins originale. Jamais de mon existence je n'avais entendu de pareilles sonorités.

Je m'approchais du bar, en continuant à observant tout ce petit monde, et peut-être y déceler une proie potentielle.

-Lucas, ça fait un moment que j't'ai pas vu ! Ha ça oui !

# Posté le mardi 16 juin 2009 05:30

Modifié le vendredi 19 juin 2009 17:28

Virée Nocturne : Chapitre 2

Virée Nocturne : Chapitre 2
C'est le barman qui m'appelait. C'était Tim. Un homme plutôt corpulent, de grande taille, et un crâne occupé par sa calvitie. Comme tout commerçant voulant garder ses clients, il savait être jovial quand il le fallait. Il m'appréciait assez je pense: je lui ai rendu quelques services par le passé, et je suis un client régulier des jeux d'argent de cette établissement, quoi de plus normal...

-Oui, plusieurs mois, en effet. J'ai été à Cambridge, je crois que Londres est trop agité pour moi. J'aime toujours passé quelques mois dans ma demeure familiale, ça me ressource. Tu sais, là-bas, le parc est immense et un jardinier s'en occupe admirablement.
-Ahaha, foutu Lucas. Nous on est là à trimer comme des bêtes, pendant que « Sir »Lucas va se « ressourcer » ! Toi, et ton héritage, toujours une chance de cocu hein ?


Vous avez ici le parfait exemple d'un de mes alibis que j'utilise pour éviter d'attirer l'attention sur moi et mon style de vie plutôt atypique. Ces derniers mois, j'étais tout simplement en train de dormir. On pourrait plus appeler cela un coma vampirique, mais l'effet est le même au final: lassé de mon existence terrestre, je me décide de rester quelques mois dans un tombeau paisible où mon corps, par un phénomène biologique étonnant, bloque ses fonctions vitales et me permet de rester plusieurs mois sans me nourrir en état de mort physique. Ici, j'avance l'alibi que je suis le riche fils d'un industriel en armement et que l'héritage de mon grand-père me permet de vivre de mes rentes : plus c'est gros, plus ça marche en général.

-Alors, qu'est-ce je te sers ? Un irish whiskey ?
-Non, merci. Je passe simplement. Au fait, qui sont ces musiciens noirs ? Je n'ai jamais entendu ce type de musique.
-Ils viennent d'la Nouvelle-Orléans, c'est au Etats-Unis. Ca s'appelle le jazz je crois.


Tim semblait avoir fait un effort incommensurable pour dire cette phrase : je n'ai jamais vu le barman aussi intelligent, il y a eu du changement pendant mon absence...

-Ils ont des sonorités originales, on dirait qu'ils ne savent pas ce qu'ils vont faire mais cela sonne quand même bien. Intriguant quand même ?
-M'est avis que ça va pas marcher longtemps. C'est une mode, les gens viennent voir mais ils vont vite se lasser. On dirait qu'ces nègres savent même pas c'qu'il joue, des abrutis finis ceux-là.


... ou peut-être pas. En un siècle, j'avais beaucoup écouté de musiques différentes et perçut les évolutions de celles-ci. Je savais celles qui résisteraient au temps aussi bien que moi, et celles qui sont aussi éphémères que leurs auteurs.

Tim me laissa seul, allant servir un jeune couple près de la petite scène improvisé sur laquelle jouaient les musiciens.

# Posté le vendredi 19 juin 2009 16:39

Modifié le mardi 23 juin 2009 10:19

Virée Nocturne : Chapitre 3

Virée Nocturne : Chapitre 3
-Putain de merde! Oliver, tu as lu le Times ? Les Allemands ont rompu le pacte de non-armement, et ont fondé du même coup le IIIème Reich. Et devine qui est à sa tête ? L'autre taré d'Hitler.
-T'inquiète pas, ça fait un moment qu'ils s'agitent, et ils sont toujours dans leur pays à faire des réformes stupides. Et nous, on est toujours là, hein vieux ?
-Ouais peut-être, mais avec l'Autriche, ils vont sûrement ...


Encore en train de parler des actualités. De mon vivant, je suivais avidement les nouvelles du monde dans les journaux quotidiens. J'en discutais avec enthousiasme avec mes amis dans les bars, comme ces deux hommes derrière moi.
Mais au final, que vous apportent ces nouvelles? A part l'échéance écourtée de votre mort prochaine, elles vous font plonger dans un malheur ambiant ou, au contraire, dans un espoir vain et naïf. En devenant vampire, j'ai appris à prendre recul face à cela pour me concentrer sur des problèmes plus urgents, comme chercher du sang frais par exemple.

Je balayais brièvement la salle du regard pour voir si des proies potentielles s'y trouvaient. Potentiellement, n'importe quel humain était une proie. Ma condition m'avait rendu plus puissant, sans que ma masse musculaire ne change, et un siècle de condition vampirique m'avait affuté l'esprit : il était plus vif qu'il n'aurait jamais pu être durant ma condition de mortelle.
Au fil des années, je sélectionnais mes proies quand le temps me le permettait comme ce soir. J'avais décidé d'aider la société à ma manière en tuant les personnes profitant du système, que ce soit les oisifs ou les mafieux. S'ils pouvaient être de belles femmes cela rendait la tâche plus agréable, mais cela était malheureusement rare.

Alors, y-a-t-il quelques crapules à mordre dans cette salle ? Les deux jeunes hommes derrière moi n'en sont pas, ce sont des étudiants en biologie. Au fond de la salle, deux misérables hommes noyés dans l'alcool semblent perdu dans de longues méditations silencieuses. Peut-être pourraient-ils éventuellement servir de repas... Non, finalement non, je n'ai pas envie de sang à moitié alcoolisé ce soir.

Je jetai un coup d'½il vers le couple que Tim servait. L'inconnu parlait avec le barman avec le sourire de ceux qui savent appuyer sur les manettes pour contrôler les personnes. Il était assez grand, me dépassant presque, mais sa taille était à la hauteur de son poids, il semblait aussi large que haut, son triple menton tremblait à chacun de ses gloussements polis. Tout en parlant, il faisait de grands gestes et souriait d'une assurance feinte pour essayer de dégager un charme illusoire. Je savais reconnaitre ces hypocrites au premier coup d'½il. Voyons, quelle femme accepterait d'être avec cet homme ventripotent ? A part avec une truie, je ne vois pas très bien.

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# Posté le mardi 23 juin 2009 10:14

Modifié le mercredi 24 juin 2009 09:22

Virée Nocturne : Chapitre 4

Virée Nocturne : Chapitre 4


Quelle ne fut pas ma stupeur quand je vis la femme qui se tenait en face de lui. C'était une jeune femme qui semblait avoir la moitié de son âge. Elle avait un petit visage, des yeux bleus comme le ciel ne l'est jamais ici, à Londres, des cheveux châtains qui reflétaient la lumière des lampes et lui donnaient un aspect étrange. Elle resplendissait la beauté, mais quelques chose d'autre contrastait encore avec son mari : son attitude.

Son mari, ou ce qu'il était, était jovial et semblait heureux tandis qu'elle semblait terriblement triste. Triste et lasse. Ses paupières tombaient un peu, elle était avachie dans son fauteuil, et son visage était complètement inexpressif.
Que faisaient-ils ensemble ? Tout semblait les opposer. Peut-être était-ce une prostituée, en fin de compte, mais j'ai connu des filles de joie un peu plus joyeuse. Je pourrais peut-être m'approcher pour écouter leur conversation, puisque le barman repartait.

Et puis merde, de quel droit je me mêlais de leurs affaires ? Bien que je sois un vampire, j'ai encore un minimum de savoir-vivre et de morale. Je n'ai plus qu'à chercher une proie, la faim se fait sentir. Oui, c'est ça, penser à autre chose. Tiens regardons ces musiciens. Je restais là quelques minutes à ne penser à rien, ou du moins je le pensais. D'ailleurs comment peut-on penser qu'on ne pense à rien ? Cette expression est complètement absurde, il faudra que quelqu'un pense à me l'expliquer un jour.

Quiconque me regardait aurait cru que je savourais un morceau de jazz plus rythmé, mais j'étais tiraillé entre la curiosité d'en savoir un peu plus sur cette femme, et sur la nécessité d'aller trouver du sang frais. Que la vie de vampire est terriblement éprouvante...

Quand le morceau prit fin, dans un long trémolo du trompettiste, je me levai immédiatement. J'avais pris ma décision, mais j'ignorais encore où celle-ci allait m'emmener. Je marchai rapidement vers Tim, qui était occupé à bichonner ses verres à bières.

-Tim ! Tu connais le couple que tu viens de servir ? Simple curiosité, je ne les ai jamais vus ici.
-Oui, Doug Brook et sa future gonzesse. Il vient d'la haute lui, il possède d'nombreuses terres agricoles qu'il exploite et achète des actions ou des trucs du genre, t'vois c'que j'veux dire ? C'est un bourge comm'toi, tu devrais bien t'marrer avec lui ! Hahaha !

-Oui, assurément Tim, lui dis-je en souriant à pleine dents.
-Putain de Dieu, Lucas, elles sortent d'où tes putains d'dents, t'es croisé avec un loup ou quoi ? s'écria le barman aussi vite qu'il avait rit. Il avait reculé en faisant tomber un verre qu'il nettoyait. Je maudissai mon imprudence.
-C'est rien, un problème de gencives, ne t'inquiètes surtout pas, mais revenons à nos affaires. D'accord pour ce Doug, mais tu as dis qu'il va se marier avec cette jeune femme ? Je ne veux pas être malpoli, mais comment cette femme charmante peut-elle se lier avec ce... type d'homme particulier.
-Et ben ça, mon gars, personne ne l'sait,
lança Tim qui avait retrouvé son assurance. Il me fit signe de s'approcher avec son air de conspirateur que je connaissais bien.
-Alors, tu en sais plus ?
-Ouais, l'vieux Terry, tu l'connais ? Il s'occupe des jeux en bas. Et ben, il a entendu dire que ce Doug Brook, il avait proposé un gros paquet de pognon à la famille d'la p'tite, qui a accepté d'suite. Ha ça oui, ils ne devaient pas être du genre à refuser. Et la pauv'fille a donc été embarquée là d'dans, sans qu'elle choisisse quoi que ce soit. C'est pour ça qu'elle a l'air si triste la petite.
-Merci bien pour ces informationsTim.

Je lui glissai un billet dans la main et repartit avec un plan en tête.

Mais, en me dirigeant vers la sortie, je sentis une main sur mon épaule. C'était Tim. Il me dit d'un air sinistre :
-Fais gaffe, mon petit gars, j'sais pas c'que t'as en tête, mais Doug Brook est un gros morceau, ne lui cherche pas d'emmerdes.
-Ne t'inquiètes pas, Tim, je vais juste lui piquer sa future femme.


A ces mots, Tim me regarda avec des yeux écarquillés et semblait figé. Je le fixai donc et esquissai un petit sourire. Tim se détendit et s'esclaffa bruyamment en attirant du même coup le regard courroucé de deux vieux hommes qui regardaient le groupe jouer.

-AHAHAHA ! Qu'est-c'qu'il est con ce Lucas, mais qu'est-c'qu'il est con bon Dieu !
-Ravis de t'avoir fait rire, Tim. A la prochaine fois et porte-toi bien !
-Ouais, c'est ça, c'est ça, hahahaha !


Finalement, ce Tim n'était pas un mauvais bougre.

# Posté le mercredi 24 juin 2009 08:09

Virée Nocturne : Chapitre 5

Virée Nocturne : Chapitre 5
Je sortis rapidement du Temple Bar. Je jetai un coup d'½il à ma montre. 21h30, je pouvais encore en trouver un. Et il est probable que Doug Brook reste jusqu'à minuit. Je résistai à l'envie de métamorphoser pour en chercher un, de marchand de roses. Car oui, je peux en effet me transformer en un loup sauvage et mortel. Mais l'heure n'est pas au cours de biologie animale, je dois trouver absolument trouver un vendeur de ces fleurs d'amour. Sûrement en remontant la rue et en reprenant le grand boulevard piéton. Le samedi soir, de nombreux commerçants et vendeurs ambulants sont ouverts et cherchent à drainer le plus de clientèle. Je remontai donc la rue où se trouvait le Temple Bar, et j'arrivai sur le boulevard en question. Comme prévu, un grand monde profitait du samedi soir et surtout du temps particulièrement chaud pour Londres.

De nombreuses boutiques de luxes étaient alignées sur la droite du boulevard : vêtements, chapeaux, robes, bijoux, on trouvait à peu près tout ce qu'une femme anglaise souhaitait. Et donc des fleurs. Sur la gauche, c'était plutôt les grands restaurants qui essayent de mettre en avant leur cuisine anglaise. Si tant est qu'il en existe une. Je remontai mes cheveux derrière les oreilles et observai avec attention la foule. Où se trouverait un marchand de rose là-dedans ? Sûrement du côté des magasins, ou peut-être bien au milieu du boulevard, il y avait aussi les étals

-Roses de Portland ! En quantité limitée ! Il n'y en aura plus après ce soir ! Hâtez-vous !


Bingo. A gauche du boulevard se trouvait un jeune garçon, munit d'un grand panier en osier, qui cherchait des clients en passant aux abords des restaurants. Là où des jeunes hommes se sentiront obliger d'acheter des roses pour prouver leur amour. Parfait. Je me dirigeai vers lui en l'interpellant.

-Hé vous !
-Oui, vous désirez des roses ? Elles sont fraichement arrivées de Portland, leurs couleurs sont incomparables ! Et savez-vous que ...
-Excusez-moi de couper votre discours, mais j'aimerais faire vite.
-D'accord, je vous en mets combien ?
-L'intégralité des roses, plus votre panier et vos habits de travail.
-Ha ça, pas question !


Je voyais le refus obstiné sur le visage du jeune homme, j'aurais pu le persuader à ma manière mais j'étais pressé et le milieu ne se prêtait pas. J'utilisai donc un moyen beaucoup plus rapide.

-200 livres ça vous ira ? lui dis-je en lui mettant sous le nez une liasse de billets.
-Ah, dans ce cas, tout est réglé cher Monsieur. Venez, allons procéder à l'échange.

Nous allâmes vers une rue avoisinante où nous pouvions procéder à notre marché plutôt particulier. Cela ne prit qu'une petite minute. La transaction terminé, le vendeur retourna sur le boulevard, l'esprit léger de tout souci et les poches lourdes de billets.

Pour ma part, j'avais eu ce que je voulais mais il manquait encore quelque chose à la réalisation de mon plan. Et pour ça, je devais retourner à ma crypte en vitesse. Je savais que le Temple Bar se trouvait environ à un mile de ma crypte. J'allais devoir courir à travers les ruelles sombres pour gagner un temps précieux et surtout ne pas me faire remarquer avec un panier de roses et un uniforme de vendeur sur les bras

Ce n'était pas le temps de lambiner, il fallait faire vite.

# Posté le lundi 29 juin 2009 08:25

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 14:45

Virée Nocturne : Chapitre 6

Virée Nocturne : Chapitre 6


Cette nuit était sombre, la pleine lune cachée par de nombreux nuages. Malgré mes facilités à voir dans l'obscurité, la vitesse à laquelle je courrais limitait ma vision. Les seuls choses que je voyais étaient des pans de murs noirs qui défilaient, les portes d'anciens immeubles défoncées, et des déchets jonchant le sol.

Les ruelles que j'empruntais étaient celles d'un ancien quartier ouvrier. En ces temps, ils travaillaient dans des usines de construction d'engin maritime mais l'entreprise a déplacé ses usines vers d'autres zones, côtières, plus pratiques et moins coûteuses en main-d'½uvre que Londres. Une personne au chômage est une tragédie, mille personnes une statistique. Le quartier fût donc rapidement abandonné et devint l'un des quartiers les plus mal famés de la ville. Il parait que la mafia a des réseaux implantés ici, je demande à voir.

Je courrais de plus en plus vite, mais pas au maximum de mes capacités : mon chargement ne me le permettait pas. Mes cheveux noirs volaient en arrière sous l'effet de la vitesse et les pupilles de mes yeux bleus étaient dilatées pour capter un maximum de lumière. Je parcourus en peu de temps de nombreuses ruelles, je ne devais plus tarder à sortir de cet horrible quartier. J'allais rejoindre la rue qui allait vers mon cimetière quand soudain, une énorme poutre en bois surgit du néant et se dirigea droit vers ma tête. Dans mon élan, je ne pu que me préparer rapidement à la rencontre de mon crâne et de la poutre. Il fut brutal. Autant, je ne crains aucun choc avec quelque matière qu'elle soit, autant le bois et l'argent me font des effets importants. Je titubais. L'impact fût tel que je vis blanc quelques instants, et tout ce que je portais tomba à la renverse sur le sol humide.

-Hey Cooper, nom de Dieu, il est encore debout ! fit une voix grave et bête.
-Alors bouge-toi gros lard, achève-le !

Je réfléchissais à toute vitesse, ces deux hommes étaient des espèces de « bandit de grand chemin » moderne. Ne travaillant pour personne, et n'hésitant pas à tuer père et mère pour un peu d'argent. Comment avais-je pu me faire avoir par ces voyous de bas étage ? Je commençai à reprendre esprit : je ne titubai plus et je recommençai à y voir.

Peut-être plus pour longtemps. Tandis que le dénommé Cooper était nonchalamment assis sur un bidon d'huile vide à fumer une cigarette, celui qui m'avait à moitié assommé revenait vers moi avec une épaisse barre en fer. C'était une montagne de muscles, ses biceps étaient tendu dans le prochain coup qu'il allait porter. Il était à quelques mètres devant moi et il venait dans l'intention de terminer sa besogne.

- Ce coup là, tu ne vas pas t'en relever connard ! cria la brute.

J'étais debout, je ne bougeais plus et je fixais le colosse droit dans les yeux.

Ce dernier qui était à un mètre de moi s'arrêta.

-Tu ne me supplies pas, sale merde ? me lança-t-il
-Pourquoi faire ? Je pense que ça devrait être le contraire, mon ami.


La brute, de nouveau étonné, se retourna et cria à Cooper :

-Il est taré ce gars, c'est un malade !
-On s'en fout, tu le tues, on ramasse ce qu'il a sur lui. Et n'oublie pas que la moitié revient à la Pieuvre.
-Ouais, je sais... Bon toi, j'sais pas qui t'es, mais tu vas souffrir !


Le colosse fit un pas vers moi, un rictus mauvais aux lèvres, leva au-dessus de sa tête la barre de fer... Et l'abattit brutalement sur mon crâne !

Cette fois-ci, je ne bougeai pas d'un millimètre. La barre s'écrasa sur mon crâne avec une telle violence qu'elle se déforma. Mais c'était comme s'il avait tapé sur un mur. Je ressenti à peine le coup, et je continuai de le fixer obstinément dans les yeux pour le déstabiliser : c'est une vieille technique qui marche toujours.

Le colosse était figé de stupéfaction, la bouche et les yeux grands ouverts et le teint blême. Les bras ballants, il laissa tomber inconsciemment sa barre de fer désormais inutilisable.
Il recula maladroitement. Même dans la pénombre de la ruelle, je pus voir le reflet de la peur dans ses petits yeux porcins.
Cooper réagissait pour la première fois. Il s'était levé, et tenait sa cigarette dans sa main droite, mais sans la fumer, elle se consumait toute seule. Je l'entendis murmurer.
-Nom de dieu ...

Je m'amusais de ce petit jeu, mais je commençais à perdre patience : j'avais des choses plus importantes à accomplir.

Tout en gardant le visage fermé et le regard fixe, mes lèvres commencèrent à dessiner un large sourire qui dévoila une dentition peu ordinaire. Je dis d'une voix grave et suave :

-La récréation est terminée, les enfants. C'est l'heure de rentrer ...


Au moment où j'eus prononcé le dernier mot, je fondis sur la brute en un instant, lui saisit la gorge d'une main, et le souleva à plusieurs centimètres du sol sans aucun efforts. Il se débattait inutilement, et commençait à suffoquer. Je savourais ce moment où la proie essaye de se sauver, en vain.
Je restai là, le bras tendu, et la main serrant la gorge de ce voyou, tel un étau de fer. La scène ressemblait à un tableau vivant. Dommage, que la brute ne la gâche en gesticulant pour tenter de respirer. Son visage devenait violacé, une grosse veine se gonflait sur la tempe. Dans quelques secondes, son cerveau allait manquer d'oxygène. Et voilà, il avait perdu connaissance. La brute était inconsciente. Je relâchai la pression autour de la gorge, et le jetai d'un mouvement du bras, à une dizaine de mètres sur le goudron malodorant. Un spectateur extérieur aurait pris le colosse pour un épouvantail s'il m'avait vu le jeter si facilement. Je ne le tuai pas car je savais comment fonctionnaient ces voyous. Celui qui faisait le sale boulot était le nouveau et l'autre devait être plus expérimenté. Le nouveau détroussait les gens tandis que l'autre en contrepartie lui prodiguait des conseils et surtout, lui permettait d'intégrer la mafia locale car chaque quartier à une mafia propre.
Mince ! En prenant mon temps avec le gros, j'ai laissé son compère filer. Je comptai sur lui pour m'abreuver. Je tendis l'oreille. Je l'ai déjà repéré. Il est dans une rue adjacente en train de courir rapidement, je l'entendais presque haleter.

Je commençais à courir vers la fin de la rue. Je connaissais ce quartier de mémoire, quand il était plus prospère. Cooper avait rebroussé chemin quand il avait vu ce que j'étais, avait pris une rue proche et la remontait croyant que j'allais le suivre.
Mais je savais qu'il suffisait de continuer tout droit dans la rue où j'étais pour le croiser à la prochaine intersection.
Je me mis à courir de toutes mes forces. Je n'avais plus de chargements encombrants, je pouvais laisser libre cours à ma vitesse. A cette vitesse, je pouvais rattraper un cheval au gallot sans problème. Je voyais défiler les portes à une vitesse folle, je sentis que Cooper avait encore une bonne avance. J'accélérai de plus belle. Ce n'était plus une course poursuite contre un bandit, je rentrais dans des conditions de chasse. Je ne le poursuivais plus, je le traquais. Mes sens devenaient plus aiguisés, il était à une quarantaine de mètres, ses pas étaient irréguliers, sa respiration saccadée et je commençais à percevoir les battements de son c½ur. Mon désir de l'attraper était décuplé par ma faim.
L'intersection arriva. Et comme prévu, Cooper passa devant et s'engouffra dans une autre rue. Je vais t'avoir...
La nouvelle rue qu'il prenait était à l'opposé de la mienne. Je dus freiner ma course pour pouvoir le suivre. Rongé par l'envie de boire son sang, je repartis de plus belle. Une envie telle que j'allais employer tout les moyens pour pouvoir atteindre ma proie le plus vite possible. A chacun de mes pas, mes dents d'allongeaient. Je me courbai de plus en plus, mes muscles grossirent jusqu'à faire éclater mes vêtements, je grimaçais sous le coup de la douleur. A une dizaine mètres de Cooper, j'avais achevé ma transformation. J'étais un loup énorme au pelage noir profond et aux yeux rouges flamboyants. Je sentais la puissance de mes pattes, l'aisance avec laquelle je courais et grâce à laquelle je pouvais contrôler ma course. Mon cerveau était dévoré par le désir du sang. Je sprintais vers ma proie. Il m'avait vu me transformer, il hurlait d'effroi, et me suppliait de le laisser vivre. Il n'allait pas avoir cette chance.
Dans un bond prodigieux à deux mètres au dessus du sol, je fondis sur le dos de Cooper, le plaquant à terre en lui enfonçant mes longues dents dans les muscles de sa nuque. Il braillait comme un gosse. Je sentis le sang couler dans mon gosier, chaud et délicieux, il me revigorait et comme une drogue, je souhaitais en avoir plus. Sous le coup de cette envie, je lui arrachai d'un coup de mâchoire les muscles de sa nuque. Il hurlait de plus belle, tout en rampant, il avait sortit un revolver et, dans une tentative désespérée, me le pointait dessus en beuglant :

-Tu vas retourner à l'Enfer, cabot de Satan !

Je ne lui en laissai pas le temps. J'allais vers lui en courant très vite et en le contournant de manière à ce qu'il me vise en me ratant. C'était gagné, il vidait ses munitions sur les murs derrières moi. Je tournais à toute vitesse autour de lui, ses yeux d'humains ne pouvaient plus suivre mes mouvements. Et, d'un bond, je sautais vers lui toutes griffes dehors, en grognant. J'étais encore en l'air quand ma patte droite fusa près de son revolver et lui arracha la main. Cooper cria de douleur et se laissa choir à terre. Je l'entendais pleurer désormais car il savait ce qu'il allait suivre. J'allais savourer chaque partie de son corps à ma façon. Je me léchais déjà les babines à cette pensée. Le plat principal était servit.
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# Posté le mercredi 01 juillet 2009 18:24

Mise à jour

Vous avez pu constater l'absence d'articles dernièrement : ne vous inquiétez pas, votre vampire préféré sera de retour en août, où mon emploi du temps me permettra de continuer plus sereinement cette histoire.

Merci aux rares personnes qui visitent mon blog. N'hésitez pas à laisser en commentaire vos impressions, cela m'aidera grandement à m'améliorer, et me motivera à continuer ;)
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# Posté le mercredi 22 juillet 2009 19:46